L'hiver, cette saison que vous gaspillez peut-être
- Chantal Delanoe

- il y a 2 heures
- 6 min de lecture

Vous pensez que l'hiver est une saison d'attente ?
Que vous devez juste « tenir » jusqu'au printemps ?
Que le froid, c'est un obstacle à contourner ?
Je vous comprends. Mais selon l'Ayurvéda, vous vous trompez complètement.
L'hiver n'est pas une parenthèse. C'est l'une des deux périodes les plus puissantes de l'année pour renforcer votre résilience face au burnout. Et si vous la gaspillez en restant immobile sur le canapé, vous paierez ce prix au printemps.
Laissez-moi vous expliquer.
Le paradoxe de l'hiver : jamais aussi forte, jamais aussi à risque

Voici ce que l'Ayurvéda comprend depuis des millénaires, et que la science commence à valider : en hiver, votre corps fonctionne à pleine capacité.
Le froid contracte les canaux de circulation périphériques. Vous transpirez moins, vous brulez moins d'énergie « vers l'extérieur ». Résultat ? La chaleur du feu digestif se concentre à l'intérieur. Votre appétit augmente. Votre digestion devient pratiquement invincible. Les aliments lourds, riches, complexes que vous ne pourriez jamais assimiler en été ? En hiver, votre corps les traite avec élégance.
C'est comme si votre métabolisme se mettait soudainement en mode « construction ». Pendant cette période, vous avez accès à une force physique réelle (ce qu'on appelle en Ayurvéda « bala »).
Mais ici, il y a un piège.
Avoir la force, ce n'est pas la même chose que de l'utiliser. Et c'est exactement ce qui se passe pour beaucoup d'entre vous, surtout si vous vivez dans nos régions où le froid et l'obscurité vous poussent naturellement vers l'immobilité.
Vous mangez. Vous digérez bien. Vous accumulez une énergie physique. Mais vous ne la bougez pas.
Et cette énergie stagnante ? Elle se transforme en lassitude, en mélancolie, en ce sentiment d'isolement qu'on appelle souvent « dépression saisonnière ». C'est exactement le même processus qui, prolongé, devient burnout.
C'est quoi qu'on accumule en hiver, vraiment ?
En Ayurvéda, on dit que kapha (l'énergie de structure et de stabilité) s'accumule doucement en hiver. Ce qui est vrai et normal. Mais ce que peu de gens comprennent, c'est que kapha, c'est aussi ce qu'on appelle « ojas » dans sa forme la plus subtile.
L'ojas, c'est la réserve vitale dont vous avez besoin pour affronter le stress, les changements, les difficultés. C'est ce qui vous donne de la stabilité émotionnelle quand tout s'écroule. C'est ce qui vous permet de digérer une séparation, un deuil, une période d'incertitude sans tomber en panne complète.
Si vous suivez correctement le protocole hivernal, c'est-à-dire manger pour vous nourrir, faire de l'exercice physique régulièrement, vous entourer, cultiver de la joie, vous sortez du printemps avec un réservoir d'ojas plein. Vous êtes stable, ancré-e, résilient-e.
Si vous gaspillez l'hiver ? Vous entrez au printemps vide. Et quand arrivent les stress normaux de la vie (peut-être une période de changement, une charge professionnelle, une restructuration personnelle), vous n'avez rien pour absorber le choc. C'est alors que le burnout commence vraiment.
Le piège moderne : la force sans la transformation

Voici ce que j'observe chez beaucoup de femmes que j'accompagne, particulièrement celles qui approchent ou traversent le cap des 50 ans.
Vous travaillez presque toute l'année. Pas de vraie coupure. Pas de saisons. Vous essayez de maintenir le même rythme en décembre qu'en juin. Et ce que vous gagnez avec la force potentielle de l'hiver, vous la perdez dans la rigidité de votre quotidien.
Dr. Sugata Kakada, une médecin ayurvédique que j'admire beaucoup, l'explique ainsi : « C'est comme avoir une vache qui donne du lait magnifique. Si vous ne transformez pas ce lait en quelque chose, du fromage, du yaourt, du beurre, il se gâte. »
Votre corps produit de l'énergie en hiver. Mais si vous ne la transformez pas en action, en productivité, en connexion, en création, elle stagne. Et c'est cette stagnation qui crée la torpeur, l'isolement, et finalement, la trajectoire vers le burnout. Evidemment, il est essentiel de s'écouter et d'adapter son rythem à ses propres capacités du moment.
Ce que vous devriez faire maintenant (pas au printemps)
L'hiver n'est pas le moment de détox. Ce n'est pas le moment de restreindre. C'est le moment d'investir pleinement dans votre résilience.
Voici comment :
Nourrissez-vous vraiment - Vous pouvez manger des aliments lourds, riche, complexes. Racines, viandes, lait, grains, aliments cuisinés avec des épices chauffantes (gingembre, cannelle, poivre noir, ail). Votre digestion gérera cela sans problème. Arrêtez de culpabiliser et mangez.
Bougez malgré le froid mais sans excès et selon vos capacités - C'est ici que beaucoup d'entre vous abandonnent. Vous dites « il fait trop froid, trop sombre, j'ai pas envie ». Mais c'est exactement quand vous en avez le plus besoin. L'exercice en hiver n'est pas optionnel. Yoga dynamique, marche rapide, danse, course, musculation, peu importe, tant que vous bougez quotidiennement. Vous ne brûlez pas juste des calories. Vous transformez l'énergie stagnante en vitalité, en clarté mentale, en force.
Massez votre peau, votre corps - L'Abhyanga, c'est un massage à l'huile chaude. Si vous n'avez pas le temps (ou le budget) pour vous faire masser, faites-le vous-même. Dix minutes, chaque jour. Cela nourrit votre peau contre la sécheresse, ouvre vos canaux de circulation, et surtout, vous offre cet acte de bienveillance envers vous-même dont vous avez oublié d'avoir besoin. Additionnez-y un gommage sec avec de la farine de pois chiches et du gingembre. Cela active votre circulation, prévient l'accumulation excessive de kapha.
Buvez chaud - Eau chaude. Tisanes. Pas d'eau froide. Pas de jus glacé. Le froid dans votre ventre en hiver ralentit votre digestion et aggrave l'isolement au niveau énergétique. Des tisanes simples : gingembre, cannelle, curcuma. Voilà.
Transformer votre intérieur. Vous avez moins envie de sortir ? Parfait. Réorganisez votre espace. Nettoyez votre maison en profondeur. Brûlez des herbes (palo santo, bois d'agar, encens à la camphre). Cela purifie l'énergie stagnante de vos murs. Et vous, activement, vous vous transformez par ce travail intérieur.
Vous connecter aux autres. C'est peut-être le plus crucial.
Isolement + hiver = dépression. Mais connexion intentionnelle + hiver = accumulation d'ojas.
Invitez des amis. Chantez ensemble (le kirtan, ce chant dévotionnel indien, brûle les résidus mentaux et remplit votre système nerveux d'une joie subtile). Cuisinez pour des gens. Travaillez sur un projet communautaire. Voilà comment vous transformez l'énergie.
Et au printemps ?

Si vous avez fait le travail hivernal, au printemps, vous verrez :
Pas d'allergies. Pas de sinusites. Pas de fatigue écrasante. Votre corps ne sera pas en train de « se purger » de tout ce qu'il n'a pas pu traiter. Vous commencerez le printemps ancrée, stable, prête.
Si vous avez gaspillé l'hiver ? Attendez-vous à des problèmes de peau, des inflammations, de la fatigue. Et une impression que vous n'arrivez pas à vraiment commencer l'année.
La vérité sur le burnout
Voici ce que j'ai compris après 12 ans de travail avec des femmes en crise : le burnout n'arrive pas d'un coup au moment où vous vous effondrez. Il se construit lentement, à travers des saisons d'usure.
Il pourrait se construire tout aussi bien à travers des saisons mal utilisées.
L'hiver est votre fenêtre. C'est le moment où vous pouvez vraiment remplir le réservoir. Où vous pouvez dire « cette année, je m'appelle, je me nourris, je crée de la communauté, je me transforme ».
Ou vous pouvez attendre. Rester immobile. Accumuler de la stagnation. Et ensuite vous demander, au printemps ou l'été, pourquoi vous êtes si fatiguée, si vide, si loin de vous-même.
Le choix est entre vos mains.
Envie d'aller plus loin ?
L'Ayurvéda ne marche que si vous comprenez les principes. Et ces principes sont simples, mais ils demandent de l'engagement.
Si vous êtes une femme en transition, séparation, deuil, burnout, convalescence, ou simplement ce sentiment de « je dois changer quelque chose », et que vous sentez que l'hiver est un moment pour vraiment prendre soin de vous de façon différente, je vous propose la formule découverte pour vous.
Dans cette formule, vous pourrez mieux comprendre qui vous êtes et votre fonctionnement aux yeux de l'Ayurvéda, des déséquilibres spécifiques à ce moment de votre vie, et de comment utiliser cette saison pour vraiment renforcer votre résilience grâce au bilan ayurvédique et vous profiterez des multiples bienfaits d'un soin Abhyanga (massage thérapeutique ayurvédique complet du corps)
Ou si vous préférez commencer plus simplement : téléchargez mon guide saisonnier gratuit avec les recettes, les routines, et les pratiques spécifiques à l'hiver pour votre constitution.
L'hiver est là. C'est le moment. Pas demain. Pas au printemps. Maintenant.
Prenez soin de vous.
Chantal Joy Delanoë
NB : Il va de soi que le passage en force, alors que nos capacités ne nous le permettent pas, risque de nous faire plus de mal que de bien. Tous ces conseils sont pour les personnes qui n'ont pas ou peu de problèmes de santé importants. Chaque personne est unique, c'est pour cette raison que je préconise la tempérance et le discernement.

















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